Projet
d'étude clinique : approche non invasive de facteurs prédictifs
de réponse aux thérapeutiques ciblées dans le cancer colorectal
métastasique à partir de cellules circulantes.
La méthode
ISET (Isolation by Size of Epithelial Tumor cells)
La
mise sur le marché de nouveaux médicaments anticancéreux
ciblés sur les mécanismes du cancer a considérablement augmenté
ces dernières années et permet ainsi de mieux traiter les patients
atteints de cancer colorectal métastatique. Ces nouveaux médicaments
sont aussi mieux supportés que la chimiothérapie.
Cependant
ces médicaments ne profitent en général qu'à une partie
des patients pendant que d'autres subissent leurs effets secondaires sans avoir
de réelle amélioration de leur état. Ceci est d'autant plus
problématique que le coût de ces médicaments est extrêmement
élevé et que les médecins ne peuvent pas aujourd'hui prévoir
en amont sur quels patients ils seront réellement efficaces.
Le cancer
colorectal (colon-rectum) est le troisième cancer le plus fréquent
dans les pays occidentaux et le second en mortalité. Ces nouveaux médicaments,
appelés aussi "thérapies ciblées", agissent directement
sur les cellules tumorales ou visent les vaisseaux sanguins nécessaires
pour alimenter la tumeur.
La technique de l'ISET est une innovation française
qui permet, par le biais d'un simple filtre, d'isoler et d'analyser les cellules
cancéreuses circulantes car elles sont plus grosses que les cellules saines.
Elle repose sur un prélèvement sanguin, est peu coûteuse,
très fiable et peut être réutilisée dans le cadre d'autres
recherches.
Dans cette étude, il s'agira de déterminer si
la méthode ISET est capable ou non d'identifier les patients qui sont les
plus susceptibles de réagir aux traitements ciblés après
un mois de traitement seulement. Pour ce faire, deux échantillons de 10
ml de sang seront prélevés sur chacun des patients, l'un en début
de traitement l'autre au bout d'un mois, afin d'évaluer le nombre des cellules
cancéreuses circulantes présentes dans le sang.
Les résultats
de l'étude permettront de déterminer :
- la proportion
des patients porteurs de ces cellules circulant dans le sang,
- si l'augmentation
de ces cellules après le traitement s'associe avec un échec de ce
traitement,
- si une diminution du nombre de ces cellules est liée
à une régression de la maladie.
Compte tenu du coût
exorbitant de ces thérapies ciblées, l'importance pharmaco-économique
de disposer de ce facteur prédictif de réponse est majeure.
La
méthode de l'ISET pourrait donc ainsi devenir un outil unique pour identifier
dès le début du traitement les patients les plus susceptibles de
répondre favorablement à ces nouvelles thérapies anticancéreuses.