La radiothérapie
Définition :
La radiothérapie consiste à exposer
une partie précise du corps à des radiations.
On utilise pour cela des radiations ionisantes : rayons
X et électrons produits par les accélérateurs
linéaires, plus rarement maintenant les rayons
gamma produits par les "bombes au cobalt".
Les protons et neutrons sont d'utilisation exceptionnelle.
La radiothérapie est une arme thérapeutique
efficace contre le cancer. Elle occupe une des toutes
premières places au côté de la
chirurgie, à laquelle elle est parfois associée
et de la chimiothérapie dans le traitement
contre le cancer.
Principes et méthodes :
1. Principes
La radiothérapie agit en ionisant les acides
nucléiques (l'ADN et l'ARN) des cellules
traitées, c'est-à-dire qu'elle fragilise
les molécules des cellules cancéreuses,
les tue ou les rend incapables de se multiplier.
Elle entraîne une altération des chromosomes,
perturbant les divisions cellulaires des tumeurs.
Cependant, les rayonnements ionisants tuent aussi
les cellules saines. La radiothérapie a donc
besoin de savoir où se localise exactement
la tumeur et il est impératif de ne pas utiliser
des doses trop fortes afin de ne pas endommager
les cellules saines.
Le terme radiation signifie exposition à
des rayons.
L'unité de mesure des rayons est le Gray.
En radiothérapie, les doses nécessaires
sont des dizaines de milliers de fois supérieures
à celles nécessaires pour obtenir
une radiographie. Dans l'utilisation des rayons
X, le facteur primordial est la quantité
de rayons utilisés. A faible dose et sous
faible fréquence d'exposition, les rayons
X sont quasi-inoffensifs et fournissent des images
de l'intérieur du corps sous forme de radiographies.
Employés à dose moyenne ou à
fréquence plus élevée, ils
peuvent altérer les acides nucléiques
qui forment le code des cellules et même engendrer
des cancers. A fortes doses et à fréquence
élevée, les rayons X vont complètement
détruire les acides nucléiques du
noyau cellulaire qu'ils atteignent, provoquant ainsi
la mort retardée des cellules irradiées.
En détruisant les acides nucléiques
des cellules cancéreuses, ils empêchent
ces cellules de se multiplier et de survivre.
La radiothérapie peut être utilisée
après une opération et en addition
avec d'autres traitements tels que la chimiothérapie
et l'hormonothérapie.
La radiothérapie agit localement sur la
région que l'on irradie ; ainsi, son action
se limite à la tumeur et à la région
avoisinante de la tumeur irradiée. C'est
donc un traitement locorégional, à
la différence de la chimiothérapie
ou l'hormonothérapie qui sont des traitements
agissant sur l'ensemble de l'organisme.
Il est donc important de
bien comprendre que la chimiothérapie, l'hormonothérapie
et l'immunothérapie sont des traitements
systémiques c'est-à-dire qu'ils agissent
sur l'ensemble du corps. Ils s'attaquent aux métastases
à distance ainsi qu'à la tumeur locale
si elle n'a pas été retirée
par un acte chirurgical.
A la différence, la
radiothérapie et la chirurgie sont des traitements
loco-régionaux qui concentrent eux leur action
au niveau de la tumeur ou de son ancien site et
sa région avoisinante.
2. Méthodes
Les appareils modernes utilisés "de
haute énergie" sont représentés
par les accélérateurs nucléaires.
L'utilisation des appareils au cobalt-60 ou "
bombes au cobalt " disparaît progressivement.
Ces rayonnements pénétrants permettent
d'administrer en profondeur des doses élevées
tout en épargnant les tissus sains.
Il existe en effet une différence importante
en termes de réparation tissulaire entre
les tissus normaux et les tissus cancéreux
entre chaque séance. Les tissus normaux peuvent
se réparer plus facilement que les tissus
tumoraux. Ceci explique que la radiothérapie
est administrée d'une façon fractionnée
sur des périodes de plusieurs semaines de
façon à créer un effet différentiel
entre la destruction des tissus sains et celle des
tissus tumoraux.
Préparation au traitement et traitement
:
Il est important de savoir qu'avant tout commencement
d'un traitement par radiothérapie, le dossier
du patient a été transmis au médecin
radiothérapeute et son cas discuté et
analysé.
Une première consultation consistera donc
en un entretien avec le médecin afin de définir
le traitement approprié par rapport au passé
médical du patient.
Après accord du patient sur le traitement,
les différentes étapes lui seront expliquées.
- Les moulages
Parfois, il est nécessaire de réaliser
:
- un système de contention permettant
l'immobilisation parfaite du patient pendant la
séance,
- une coquille en plastique pour le corps, oreiller,
etc
Une préparation en salle de moulage
est alors demandée avant la séance
de simulation.
- La simulation ou centrage
La séance de planification ou simulation
nécessite généralement 15 à
60 minutes.
Le simulateur est un appareil de radiologie spécifique
qui permet de planifier précisément
le traitement du patient en simulant les paramètres
de l'irradiation prévue. Ce n'est donc pas
un appareil de traitement.
Le technicien installe le patient en position sur
une table et, avec le radiothérapeute et
le physicien, détermine les régions
qui doivent être traitées. Le radiothérapeute
examine alors les régions proposées
au traitement à l'aide d'un écran
de télévision et adapte le traitement
en fonction des besoins du patient. Une radiographie
est enfin prise pour donner un cliché permanent
de la région à traiter.
- Les marques
Une fois la simulation terminée, le technicien
marque la région à traiter sur la
peau du patient à l'aide d'un stylo feutre
et fait quelques petits tatouages. Ces marques permettent
au patient de se positionner avec précision
sur la machine. Le technicien indique alors au patient
combien de temps il devra conserver ces marques
sur sa peau. Si un moulage en plastique est réalisé,
les marques sont faites à l'encre sur la
coquille et non sur la peau.
- Les calculs
A cette étape, le technicien en radiothérapie
et le physicien doivent réaliser les calculs
nécessaires pour planifier le traitement.
Ces calculs peuvent nécessiter plusieurs
heures ou plusieurs jours. Une fois le plan approuvé
par le radiothérapeute, le traitement peut
commencer.
- Le traitement
Chaque séance de traitement dure environ
15 à 30 minutes : la plus grande partie de
la séance est occupée à installer
correctement le patient (position allongée
sur une table type table de radiologie) ; les expositions
aux radiations ne durent qu'environ 1 à 2
minutes. Le technicien quitte la pièce pendant
les radiations mais il entend et peut parler au
patient à l'aide d'un système d'interphone.
Il voit également le patient et peut l'observer
sur un écran. Enfin, le traitement s'arrête
automatiquement lorsque la dose prescrite a été
administrée au patient.
Même si les appareils sont parfois impressionnants,
il est important de noter que le traitement ne provoque
aucune douleur.
Le fractionnement (4 à 5 séances par
semaine) pendant 3 à 7 semaines selon les
cas est indispensable pour éviter les effets
secondaires à long terme (séquelles).
Les résultats :
Grâce à l'apparition des hautes énergies,
les cancers dits autrefois incurables sont désormais
bien guéris grâce à la radiothérapie.
Mais l'effet de la radiothérapie est souvent
lent et différé par rapport aux séances
délivrées.
Les différents oncologues spécialistes
ont donc compris qu'ils devaient coopérer soit
en se répartissant les zones à traiter
soit en se succédant sur une même zone
cancéreuse, d'où l'importance du staff
multidisciplinaire (chirurgiens, radiothérapeutes,
oncologues)
Ainsi, selon les cancers, le radiothérapeute
traite la tumeur primitive et le chirurgien les aires
ganglionnaires ou vice versa. Pour d'autres, l'irradiation
est effectuée avant ou après l'intervention
chirurgicale. Chimiothérapeutes et radiothérapeutes
peuvent également se succéder dans la
séquence des événements thérapeutiques.
Les effets secondaires :
Ils ne s'observent que dans la zone irradiée
(pas de chute de cheveux sauf si le crâne est
irradié). Ils apparaissent progressivement
avec l'accumulation des séances. Ils se résument
essentiellement en des phénomènes inflammatoires
(type brûlures internes ou externes) mais sont
réversibles à l'arrêt du traitement
en quelques jours.
Les effets secondaires tardifs irréversibles
ou les séquelles sont très rares et
sont souvent liés à la nécessité
d'utiliser de fortes doses pour obtenir une guérison.
Le fractionnement des séances permet de limiter
au maximum les effets secondaires tardifs (séquelles).