Le cancer
colorectal -
Introduction
:
Après les cancers bronchiques chez l'homme et mammaires chez
la femme, le cancer colorectal est particulièrement fréquent dans
les pays occidentaux.
Description du cancer colorectal :
Le
cancer colorectal est un cancer siégeant dans la région du côlon
et du rectum (partie terminale du colon) caractérisé par une prolifération
anormale de cellules dans le gros intestin et par la formation de carcinomes glandulaires
ou adénocarcinomes.
La tumeur pénètre alors en profondeur
et peut atteindre successivement les différentes couches de la muqueuse
colique jusqu'au péritoine qui l'enveloppe, puis les ganglions lymphatiques.
La progression se fait par accumulations de mutations de gènes au
sein des cellules (APC, k-Ras, DCC, p53) provoquant divers stades d'adénomes,
puis d'adénocarcinomes.
Lors de la transformation maligne, la prolifération
peut suivre deux voies :
- la voie lymphatique lymphatique
(par la circulation de la lymphe)
- la voie hématogène (par
la circulation sanguine).
Par voie lymphatique, les ganglions
sont atteints selon la localisation des lésions primaires.
Par voie
hématogène, les deux premiers organes atteints sont le foie et/ou
les poumons.
Les facteurs de risque :
Le cancer
du colon est caractérisé par une légère prédominance
masculine à partir de 65 ans.
Il est rare avant 50 ans en dehors des
formes familiales, puis l'incidence augmente rapidement avec l'âge.
L'alimentation
est un facteur important : un régime alimentaire riche en matières
grasses et en protéines d'origine animale et faible en fibres peut concourir
à la survenue de cette pathologie.
Quels sont les sujets à
risque élevé ?
- les parents du premier degré
de sujets atteints d'un cancer colorectal (père, mère, surs,
frères)
- les antécédents familiaux d'adénome
colorectal,
- les patients ayant été sujets à des
antécédents personnels de tumeur colorectale,
- les personnes
ayant eu des affections intestinales inflammatoires, en particulier celles ayant
eu des lésions intestinales survenues à la suite d'une rectocolite
hémorragique chronique,ou d'une maladie de Crohn,
- les femmes déjà
traitées pour un cancer de l'ovaire ou du corps de l'utérus.
Quels
sont les sujets à risque très élevé ?
A
ce jour, deux maladies associées aux gènes les plus propices au
développement d'un cancer colorectal ont été identifiées
au sein de formes dites familiales :
- la polypose rectocolique familiale,
affection héréditaire caractérisée par le développement
surtout après la puberté de polypes tapissant la muqueuse intestinale
et le rectum. Le gène responsable de cette maladie est le gène APC.
En l'absence de traitement préventif, la transformation de ces affections
en cancer colorectal vers 40 ans est quasi certaine. C'est pourquoi on propose
une colectomie totale avant 20 ans.
- le syndrome de Lynch.ou cancer colorectal
héréditaire sans polypose, syndrome HNPCC (hereditary non polyposis
colon cancer) qui se traduit par la présence simultanée dans une
famille d'au moins trois personnes atteintes d'un cancer du côlon. Depuis
1993, 6 gènes responsables de la présence d'un syndrome HNPCC ont
été identifiés ce qui permet, d'une part, une définition
génétique de la maladie et, d'autre part, le diagnostic avant tout
symptôme des personnes à risque (apparentées à une
personne porteuse d'une telle mutation). Pour ces patients, la surveillance comprend
une première coloscopie avant 25 ans (ou 5 ans avant la survenue du cancer
colique le plus précoce dans la famille si celui-ci est survenu avant l'âge
de 25 ans). Cet examen doit être répété tous les deux
ans.
La prévention :
Le dépistage
et la prévention sont d'une importance capitale.
En particulier :
- il faut détruire les polypes que l'on recherche systématiquement
chez les sujets à risque familial,
- un dépistage systématique
doit être pratiqué après 50 ans par la recherche de sang dans
les selles : pratique de l'Hemocult,la coloscopie est pratiquée chez les
sujets à risque.
Les symptômes :
Les
principaux signes d'appel sont les suivants :
- les troubles du transit
(constipation ou diarrhées),
- des crises abdominales douloureuses,
- des hémorragies ou présence de sang dans les selles plus
ou moins rouge selon le siège de la lésion,
- une augmentation
du volume de l'abdomen,
- une fatigue chronique.
Les
méthodes de diagnostic :
Plusieurs examens permettent de
formuler un diagnostic :
- l'examen du rectum : le médecin lors
d'un examen médical introduit un doigt ganté dans l'anus pour déceler
d'éventuelles anomalies.
- la recherche de traces de sang dans les
selles : la prescription d'une alimentation exempte de viande pendant quelques
jours est recommandée au patient afin d'éviter que certains aliments
faussent les résultats de l'examen. Pendant un à deux jours, on
prélève deux petits échantillons de selles pour vérifier
s'ils contiennent du sang.
- la sigmoïdoscopie : on introduit dans
le gros intestin un tube creux pourvu d'une lumière pour faire un examen
visuel du rectum. En cas d'anomalie, on prélève un échantillon
pour faire une biopsie.
- le lavement baryté : on injecte par voie
anale une solution contenant du baryum puis on effectue une radiographie destinée
à révéler des éventuelles anomalies dans la muqueuse
intestinale.
On peut cependant admettre aujourd'hui que l'examen
le plus fiable en terme de diagnostic est la coloscopie.
Cet examen, sans
danger et indolore, se pratique sans hospitalisation.
On insère dans
l'anus un instrument souple se rendant jusqu'à l'entrée du gros
intestin afin de réaliser un examen visuel voire une biopsie.
La coloscopie
permet de lever les moindres doutes ; en effet, la moindre irrégularité
constatée "de visu" donne lieu à biopsie.
De plus,
elle permet l'exérèse des polypes éventuels qui seront alors
analysés.
Un diagnostic précoce débouche sur une chirurgie
limitée et sur un taux de guérison quasi total.
Le traitement
:
A. Le cancer du colon
Le traitement du
cancer du colon est dominé par l'ablation chirurgicale ou colectomie.
Cette opération est possible chez plus de 95% des malades.
Généralement
toute la tumeur peut être enlevée et on rétablit la continuité
digestive. Une chimiothérapie dite adjuvante est fréquemment indiquée
après l'intervention pour diminuer le risque de récidive de la maladie.
Lorsque
le cancer s'est étendu au foie, l'indication de la colectomie est limitée
aux formes susceptibles d'entraîner une obstruction colique ultérieure.
Une ablation partielle du foie est parfois possible, en particulier si les métastases
sont localisées dans un lobe et si la tumeur primitive a été
enlevée. De même, certaines métastases pulmonaires peuvent
être opérées.
Dans le cas de l'impossibilité d'une
telle opération, une chimiothérapie est indiquée.
B. Le cancer du rectum
Quand le cancer est localisé dans
les 10 centimètres voisins de l'anus, qu'il mesure moins de 3 centimètres,
qu'il est bien différencié et qu'il ne pénètre pas
la graisse périrectale, il peut être traité par "endorésection",
c'est-à-dire par une ablation en passant par l'anus qui conserve le sphincter
anal.
Lorsque la tumeur est plus étendue, on pratique une amputation
du rectum. Selon la distance séparant le pole inférieur de la tumeur
du sphincter anal, il est possible ou non de conserver ce dernier (en évitant
ainsi la confection d'une poche définitive)
S'associent à la
chirurgie une radiothérapie le plus souvent pré-opératoire
ainsi que dans certains cas une chimiothérapie.
Les
effets secondaires :
Tout acte chirurgical provoque des douleurs
locales. Mais dans le cas du cancer colorectal, la chirurgie peut causer une constipation
ou des diarrhées temporaires.
La chimiothérapie entraîne
temporairement des nausées et vomissements, parfois des affections de la
bouche, des diarrhées ou de la fatigue, des modifications de la sensibilité
des doigts et des orteils.
Plus rarement peuvent survenir des infections ou
des saignements ou une alopécie.
La radiothérapie entraîne
aussi fatigue, irritation de la peau sur la zone d'irradiation, perte d'appétit
et diarrhées. Parfois aussi, la radiothérapie peut provoquer des
saignements.