Etude APACaP- Cancer du Pancréas et Activité Physique Adaptée

A côté de la chimiothérapie, les soins dits de support sont essentiels et ont participé à l’amélioration de la qualité de vie et par la même, de l’espérance de vie des patients. Les douleurs sont mieux traitées avec les nombreuses formes d’antalgiques disponibles de grande efficacité, la dénutrition est mieux prise en compte avec l’administration de compléments par voie orale ou intraveineuse, et la prise en charge psychologique aide à passer au mieux des caps difficiles.

L’Activité Physique Adaptée (APA) chez les patients recevant une chimiothérapie est un véritable traitement innovant susceptible de lutter contre la fatigue et d’améliorer la qualité de vie.

On se préoccupe ainsi enfin de la qualité de vie des patients atteints de tumeurs, et pas seulement des paramètres médico-économiques habituels (toxicité des traitements, taux de réponse tumorale, survie globale) utilisés pour les chimiothérapies, la radiothérapie ou la chirurgie. C’est un aspect fondamental car lorsqu’un cancer est stabilisé grâce à une chimiothérapie, le patient doit « vivre avec » telle une maladie devenue chronique avec une prise en charge lourde.

Un réflexe sociétal ancien, très ancré dans les esprits, conduit à imposer à un patient ayant un cancer de se reposer le plus possible s’il se plaint de fatigue chronique. Au contraire, il a été montré que le maintien d’une activité physique régulière pouvait avoir un effet bénéfique sur cette fatigue.

Aussi, pour la première fois en France et dans le monde, une étude de phase III soutenue par la Fondation A.R.CA.D a été lancée fin 2014 pour mesurer l’efficacité d’un programme d’Activité Physique Adaptée réalisé à domicile chez 200 patients atteints d’un cancer du pancréas.

En effet, ceux-ci souffrent souvent de fatigue et pourraient bénéficier de l’APA. De plus, l’APA pourrait avoir un effet bénéfique sur l’évolution du cancer en réduisant les sécrétions de substances (hormones) qui favorisent la croissance tumorale, telles que l’insuline/IGF-1, et l’insulinorésistance.

L’effet bénéfique de l’APA ayant déjà été démontré chez les patients traités pour un cancer du sein, du côlon ou de la prostate, l’APA pourrait donner des résultats aussi positifs que certains traitements coûteux et toxiques, et ses bénéfices pourraient être nombreux et variés (forme physique, tolérance des traitements anti-cancéreux, amélioration du moral, réintégration sociale…).

Une telle intervention peut sembler paradoxale du fait des multiples symptômes liés au cancer du pancréas (fatigue, dépression, douleur, dénutrition) qui pourraient limiter la pratique de l’APA. A contrario, ce projet pose l’hypothèse qu’un programme d’APA, s’il tient compte des spécificités du cancer du pancréas, peut améliorer les symptômes et la qualité de vie.

Si cette étude montre que l’APA est efficace, l’étape suivante sera de la généraliser comme complément indispensable de la chimiothérapie non seulement dans le traitement des patients ayant un cancer du pancréas, mais aussi d’autres cancers digestifs, à des stades différents.

En octobre 2019, sur un total de 24centres de soins (publics ou privés), 253 patients ont été inclus sur 260 patients environ attendus.