Etude de la valeur pronostique de l’expression du récepteur tyrosine kinase MET dans l’adénocarcinome du pancréas

La fondation a soutenu, en octobre 2014, un projet de recherche translationnelle menée par le Docteur Cindy NEUZILLET, le Docteur Jean-Baptiste BACHET et le Docteur Jérôme CROS (CHU de Beaujon et Pitié Salpêtrière) intitulé « Etude de la valeur pronostique de l’expression du récepteur tyrosine kinase MET chez les patients opérés d’un adénocarcinome du pancréas ».

Contexte

Les adénocarcinomes du pancréas représentent environ 3% de tous les cancers et leur incidence en France est de plus de 10000 cas par an. Malgré une incidence relativement faible, ces cancers constituent la 5ème cause de mortalité par cancer dans les pays occidentaux et l’espérance de vie à 5 ans, tous stades confondus, est inférieure à 5%. Au diagnostic, seuls 10% des patients peuvent bénéficier d’une résection à visée curative, 30 à 40% ont une maladie localement avancée contre indiquant une chirurgie et 50% à 60% des patients présentent des métastases à distance.

L’arsenal thérapeutique face à ce cancer particulièrement radio et chimio résistant s’agrandit progressivement. Il devient donc urgent de correctement stratifier les patients, d’une part en classes pronostiques afin d’adapter l’intensité du traitement et d’autre part selon un profil de sensibilité aux différents traitements grâce à un panel de biomarqueurs prédictifs. A l’instar des résultats obtenus dans les cancers de l’estomac, du sein et colorectal, la recherche translationnelle pourrait permettre de personnaliser les traitements en fonction du profil moléculaire de la tumeur d’un patient donné et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Objectifs

L’objectif de cette étude était donc d’étudier, sur une large série rétrospective de patients opérés à visée curative d’un adénocarcinome du pancréas, la valeur pronostique de l’expression du récepteur tyrosine kinase MET (ou HGFR pour « hepatocyte growth factor receptor »). Si ce biomarqueur s’avérait prédictif du bénéfice de la gemcitabine et/ou de la radio-chimiothérapie adjuvante, les médecins pourraient personnaliser les traitements en fonction du profil moléculaire de la tumeur d’un patient donné et identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.

Résultats

Sur une cohorte test de 17 patients, plusieurs méthodes ont été testées afin d’évaluer le niveau d’expression du récepteur MET par immunohistochimie et un score simplifié, robuste et ayant une forte valeur pronostique a pu être développé. Cette méthode de scoring a ensuite été adaptée pour être utilisé sur des microfragments de tumeurs et validée sur 94 patients supplémentaires. Cette étude a été publiée (Neuzillet et al. Histopathology 2015). La forte valeur pronostique du récepteur MET a ensuite été confirmée sur 3 cohortes indépendantes totalisant 686 patients. Une analyse moléculaire poussée comparant les tumeurs exprimant fortement et faiblement MET vient d’être terminée et est soumise à publication. Nous espérons partager ces nouveaux résultats très rapidement.