Cancer des voies biliaires

Les voies biliaires sont des canaux qui permettent à la bile, produite par le foie, d’être transportée vers l’intestin, au niveau du duodénum.

Le cancer des voies biliaires est un cancer qui se développe à partir des cellules qui tapissent les canaux biliaires, appelées cholangiocytes. Selon leur localisation, on distingue plusieurs formes de cancers biliaires :

  • Les cholangiocarcinomes intra-hépatiques, lorsqu’ils se développent dans les voies biliaires situées à l’intérieur du foie ;
  • Les cholangiocarcinomes extra-hépatiques, lorsqu’ils touchent les voies biliaires situées à l’extérieur du foie ;
  • Le cancer de l’ampoule de Vater, qui se développe à l’extrême fin des voies biliaires ;
  • Les cancers de la vésicule biliaire.

Les cancers des voies biliaires regroupent donc un ensemble de cancers différents mais qui présentent des principes de traitement communs. En France, ils restent rares et concernent principalement les personnes âgées, avec une légère prédominance masculine.

Quelques chiffres :

  • 2965 cancers de la vésicule ou des voies biliaires ont été diagnostiqués en France en 2018 dont 1533 chez les hommes et 1432 chez les femmes* ;
  • L’âge moyen de diagnostic est à 72 ans pour les hommes et 78 ans pour les femmes* ;
  • Plus de 90 % de ces cancers sont des adénocarcinomes* ;
  • Le cancer de la vésicule biliaire est le 6ème cancer digestif*, mais leur incidence à tendance à augmenter notamment pour les cholangiocarcinomes intrahépatiques* ;
  • Les cancers biliaires représentent environ 3 % des cancers digestifs.

Les symptômes :

Le diagnostic des cancers des voies biliaires est souvent tardif, car la maladie peut rester longtemps silencieuse. Les symptômes dépendent de la localisation de la tumeur et apparaissent généralement lorsque la maladie est déjà avancée.

Les principaux signes pouvant alerter sont :

  • un ictère, c’est-à-dire un jaunissement de la peau et du blanc des yeux ;
  • des urines foncées et des selles plus claires ;
  • des démangeaisons ;
  • une perte d’appétit et un amaigrissement ;
  • des nausées ou des vomissements ;
  • une fatigue importante ;
  • de la fièvre ;
  • des douleurs abdominales.

Dans certains cas, la tumeur est découverte de manière fortuite, à l’occasion d’un examen d’imagerie médicale ou d’une intervention sur la vésicule biliaire.

Les facteurs de risque :

Les facteurs de risque des cancers des voies biliaires restent encore globalement mal connus.  Dans de nombreux cas, aucun facteur de risque clairement identifiable, n’est retrouvé.

Certaines situations peuvent toutefois augmenter le risque de développer ce type de cancer, notamment lorsqu’elles entraînent une inflammation chronique du foie ou des voies biliaires.

Les facteurs associés peuvent inclure :

  • certaines maladies inflammatoires chroniques des voies biliaires ;
  • certaines maladies chroniques du foie comme la cirrhose ;
  • les infections parasitaires du foie, particulièrement observées dans certaines régions d’Asie du Sud-Est ;
  • le diabète et l’obésité, qui peuvent être associés à des maladies chroniques du foie.

Cependant, il est important de rappeler que la majorité des patients atteints de cholangiocarcinome ne présentent pas de facteur de risque évident.

La prise en charge thérapeutique :

La prise en charge du cancer des voies biliaires dépend de plusieurs éléments : la localisation de la tumeur, son stade d’évolution, son extension éventuelle à d’autres organes et l’état général du patient.

Lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade localisé et que la tumeur peut être retirée complètement, la chirurgie constitue le traitement de référence. Le type d’intervention dépend de la localisation de la tumeur et de son extension. La chirurgie est souvent complétée par un traitement de chimiothérapie afin de réduire le risque de récidive. On estime toutefois que seule une partie des patients peut bénéficier d’une chirurgie, en moyenne 20 à 40 %* car ces cancers sont souvent diagnostiqués à un stade avancé.

Lorsque la maladie est trop avancée ou que la tumeur ne peut pas être retirée chirurgicalement, la prise en charge repose principalement sur des traitements médicaux. Depuis quelques années, la chimiothérapie associée à l’immunothérapie constitue le traitement de première intention. Lorsque cette association ne fonctionne pas, le traitement de deuxième intention intervient en faisant appel à des thérapies ciblées ou à une autre chimiothérapie en fonction de la carte d’identité génétique de la tumeur.

En effet, dans environ 40 à 50 % des cas, on peut identifier en faisant une carte génétique de la tumeur des anomalies qui peuvent être ciblées par des traitement oraux ou sous formes d’anticorps : des thérapies ciblées. La recherche clinique est à ce titre importante et dynamique dans les cancers des voies biliaires, afin de trouver de nouvelles pistes de traitement. Enfin, les soins de supports afin de limiter les causes d’inconfort liés à la maladie, comme la dénutrition, les obstructions biliaires (avec parfois mise en place de drain biliaire) ou la prise en charge de la douleur sont aussi essentiels pour favoriser la qualité de vie.

Données :

Santé Publique France, « Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2018 – Vésicule et voies biliaires », 2021

SNFGE, « 8. Cancers des voies biliaires – Épidémiologie », 2023

Société canadienne du cancer, « Tumeurs cancéreuses des canaux biliaires »

Centre Léon Bernard, « Cancer de la vésicule biliaire – Épidémiologie »

AFEF, « Prise en charge des cholangiocarcinomes intrahépatiques et périhilaires », 2022

SNFGE, « Cholangiocarcinome (cancer des voies biliaires) – Les traitements »