Le cancer et vous

Les cancers digestifs

Qu’est-ce qu’un cancer, une tumeur, une cellule cancéreuse ?

Le cancer est une maladie qui affecte les cellules, les unités fondamentales du
corps humain.

Il survient lorsqu’une cellule saine subit une série de mutations génétiques
altérant son génome, c’est-à-dire l’ensemble de ses gènes.

Au cours du processus de multiplication des cellules, certaines peuvent développer
des anomalies. Si ces cellules défectueuses continuent à proliférer, leur accumulation
peut former une masse appelée tumeur.

Une tumeur peut être bénigne ou maligne :

  • La tumeur bénigne ne contient aucune cellule cancéreuse. Elle est généralement
    inoffensive et ne se multiplie pas dans le reste du corps. Elle peut néanmoins
    constituer un stade précancéreux et doit donc dans certains cas être retirée ;
  • Lorsqu’elle est maligne, on dit qu’elle est cancéreuse. Les cellules qu’elle contient
    présentent plusieurs anomalies génétiques et se multiplient de manière anarchique. Cette prolifération de cellules cancéreuses peut avoir un développement loco-régional. Elles peuvent alors endommager les organes ou tissus alentours mais surtout, elles peuvent se détacher de la tumeur et aller dans d’autres organes pour former des métastases via le sang ou le système lymphatique.

Le cancer est dénommé selon le type de cellule cancéreuse ou selon l’organe où il est né. Ainsi, même lorsqu’il se propage à d’autres parties du corps (on parle alors de métastases), il conserve son nom d’origine, car les cellules présentes dans les nouvelles localisations proviennent toujours du tissu initial.

Le cancer apparaît donc comme une maladie générale présentant une évolution
complexe. Pour les cancers digestifs, dans la très grande majorité des cas,
plusieurs années s’écoulent entre l’apparition des premières cellules tumorales
non cancéreuses et l’émergence d’un véritable cancer. On peut déterminer trois
phases distinctes :

  • La maladie est précédée par une longue phase de lésions précancéreuses ;
  • Ensuite vient la phase occulte pendant laquelle le clone de cellules tumorales
    croît lentement selon un rythme indépendant des besoins de l’organisme ;
  • Enfin vient la phase clinique pendant laquelle la tumeur continue de grandir
    jusqu’à ce que le diagnostic soit posé. Si le diagnostic est effectué avant que la
    tumeur n’effectue la dissémination métastatique, le cancer reste localisé et peut
    être traité par chirurgie ou, dans certains cas précis, par radiothérapie ou autres
    traitement loco-régionaux (ultrason, cryothérapie). Cependant, si le diagnostic
    est posé après la dissémination des métastases, le traitement devient plus
    complexe, nécessitant, dans la plus par des cas, des traitements systémiques
    (chimiothérapie, thérapie ciblée, immunothérapie).

Quels sont les facteurs de risque pouvant influer sur le développement d’un cancer ?

Le cancer peut survenir chez chacun(e), indépendamment des choix de vie. L’un
des principaux facteurs de risque des cancers digestifs est l’âge : les risques augmentent
après 50 ans, et le vieillissement de la population contribue à l’augmentation
de l’incidence (INCa, 2023).

La survenue d’un cancer peut également être favorisée par des facteurs externes
liés aux habitudes de vie et à l’environnement. Certains sont bien établis : la
consommation excessive d’alcool est une cause majeure de cancer du foie (INCa,
2022), et le tabagisme est responsable de 20 à 30 % des cancers du pancréas
(Centre Léon Bernard, 2025). Une alimentation déséquilibrée et l’obésité constituent
aussi des facteurs de risque, à l’origine d’environ 5,4 % des cancers en
France, soit près de 19 000 cas par an (CIRC, 2018).

Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) classe les agents selon
leur potentiel cancérogène (avéré ou probable), en fonction du niveau de preuve
scientifique. Concernant les cancers digestifs, les facteurs alimentaires sont avérés
dans plusieurs localisations, notamment foie, estomac, pancréas, côlon et rectum.
Les viandes rouges sont classées cancérogènes probables et leur consommation
doit être limitée à 500 g par semaine, tandis que les viandes transformées
(charcuterie) sont cancérogènes avérés et doivent être consommées à moins de
150 g par semaine (INCa, 2024). Un lien est également établi entre le cancer colorectal
et l’exposition aux nitrites et nitrates présents dans les charcuteries et les
boissons (ANSES, 2023).

De manière générale, il est recommandé d’adopter une alimentation équilibrée, de pratiquer une activité physique régulière, d’éviter le tabac et de limiter l’alcool.

Certains agents infectieux favorisent aussi ces cancers, notamment les virus des
hépatites B et C pour le foie, helicobacter pylori pour l’estomac et le PapillomaVirus
Humain (HPV) pour le cancer du canal anal (INCa, 2023). Une étude récente (Díaz-
Gay et al., 2025) suggère un lien entre l’exposition précoce à certaines bactéries et
le risque de cancer colorectal avant 50 ans (Nature, 2025). Enfin, les facteurs environnementaux (amiante, benzène, hydrocarbures, pesticides, per- et polyfluoroalkylés (PFAS), microplastiques) sont difficiles à étudier dans les cancers. En effet, ils posent le problème de leur évaluation précise dans les milieux non professionnels. Les mesures détaillées de l’exposition y sont difficiles. Il y existe un risque de biais lié à un rappel différentiel entre cas et témoins.

Les cancers digestifs peuvent-ils être héréditaires ?

Dans les cancers digestifs, on distingue la génétique de l’hérédité. La génétique
concerne les altérations des gènes qui apparaissent le plus souvent au cours de
la vie, sous l’effet du vieillissement ou de facteurs environnementaux. Ces anomalies
ne sont pas transmises à la descendance et peuvent être à l’origine d’un
cancer. À l’inverse, un cancer est dit héréditaire lorsqu’une anomalie génétique est
présente dès la naissance et transmise au sein d’une famille, augmentant le risque
de développer certains cancers digestifs. La majorité des cancers digestifs sont
donc génétiques sans être héréditaires, tandis qu’une minorité relève de formes
héréditaires identifiables.

Les cancers digestifs sont des cancers fréquents qui surviennent habituellement
dans une population âgée de plus de 50 ans (âge moyen de survenue de 70 ans).
Pourtant, ces dernières décennies, les cas de cancers digestifs augmentent chez
les personnes plus jeunes, âgées de moins de 50 ans (Vuik FE et al., 2019).

Environ 5 à 10 % des cancers sont liés à une anomalie génétique héréditaire qui augmente le risque de développer la maladie.

La mutation est héritée d’un parent et est présente dans toutes les cellules du
corps. Les porteurs sont prédisposés à développer des cancers à des âges plus
précoces et en nombre plus important que le reste de la population générale.
Cette prédisposition aux cancers digestifs peut toucher les organes du système
digestif (côlon, rectum, estomac, pancréas, foie etc.) mais aussi d’autres organes
extra-digestifs (utérus, ovaire, vessie, cerveau, sein, etc.). Le syndrome de Lynch
est le syndrome de prédisposition aux cancers digestifs le plus fréquent. Il est responsable de 3 % des cas de cancers colorectaux. La polypose adénomateuse
familiale est une des autres pathologies héréditaires.

D’autres syndromes plus rares existent et devront être recherchés dans le cadre
d’une consultation de génétique dédiée (appelée consultation d’oncogénétique)
pour tout cas de cancer digestif diagnostiqué avant l’âge de 50 ans. Les recherches
sont orientées en fonction du type de cancer digestif diagnostiqué, de
l’organe atteint et des cas de cancers survenus dans la famille.

Comment savoir si on est concerné ?

Un syndrome de prédisposition aux cancers digestifs est généralement suspecté
devant :

  • Un antécédent de cancer personnel associé à de nombreux antécédents de
    cancer dans la famille. En effet, la présence de plusieurs cas de cancers dans
    une même famille, notamment s’ils sont issus d’une même branche parentale
    (côté maternel ou paternel) et s’ils sont survenus sur au moins deux générations
    successives, sont des éléments qui doivent interpeller et faire rechercher un facteur génétique héréditaire de prédisposition aux cancers. Plus précisément,
    des analyses génétiques peuvent être recommandées par un onco-généticien,
    en cas d’agrégation de cas de cancers dans sa famille, c’est-à-dire chez au
    moins un apparenté au premier degré (parmi parents, fratrie, enfants) ou chez
    au moins deux apparentés, au premier ou second degré (parmi grands-parents,
    oncles et/ou tantes), quels que soient les âges au diagnostic ;
  • Un âge de survenue précoce (inférieur à 50 ans) ou une multiplicité des cancers
    chez l’individu ;
  • Des anomalies génétiques identifiées sur la tumeur dite MSI ;
  • Un grand nombre de polypes dans le côlon et/ ou le rectum.

Le patient est alors orienté en consultation d’oncogénétique pour déterminer s’il
existe un gène hérité de ses parents qui prédispose à développer un cancer. L’intérêt
est double dans le cas où un tel gène a été identifié : améliorer la surveillance
sur les organes à risques de survenue de cancer, et permettre l’identification des
personnes dans la famille sujettes à ce niveau de risque.

Lors de cette consultation spécialisée, un médecin ou un conseiller en génétique
interroge le patient sur ses antécédents personnels et familiaux de cancers (ou
de polypose digestive) issus des branches parentales, maternelle et paternelle. Il
reconstitue ainsi un arbre généalogique familial et explique les mécanismes de la
transmission génétique des cancers.

À l’issue de cet entretien, la proposition d’une prescription d’une analyse génétique
(prélèvement sanguin et salivaire) à la recherche d’un syndrome de prédisposition
au cancer est retenue ou non. Si cette analyse est acceptée, un consentement
écrit est signé. La durée des analyses oncogénétiques peut prendre plusieurs
mois. Un soutien psychologique est disponible pour accompagner la personne
concernée tout au long de ces démarches.

Conseil patient :

En cas d’identification d’un syndrome de prédisposition au cancer, un plan
personnalisé de dépistage est proposé et les apparentés devront être avertis. Ils
auront la possibilité d’effectuer la recherche du gène concerné. Une consultation
avec un généticien pourra être proposée aux apparentés concernés.

 

Le dépistage des cancers digestifs

L’objectif principal du dépistage est d’identifier des cellules précancéreuses avant
qu’un cancer invasif ne se développe, ou de détecter une tumeur à un stade précoce.

Le dépistage ne s’adresse qu’aux patients asymptomatiques : en cas de symptômes
(sang dans les selles, modification du transit, dysphagie, douleurs abdominales
inhabituelles, etc) il est impératif de consulter.

Quand le dépistage est possible, il existe deux cas de figure :
Le dépistage « organisé », faisant l’objet d’un programme national : les pouvoirs
publics invitent à intervalles réguliers une partie de la population à pratiquer régulièrement un examen précis. Sa mise en oeuvre présente de nombreux défis
techniques et économiques. Il est particulièrement pertinent pour des maladies
dont l’incidence sur la population est considérée comme élevée ;

Le dépistage « individuel » : cette démarche est envisagée dans le cadre de la relation
entre un patient et son médecin. Elle s’applique notamment aux personnes
à risque de survenue d’un cancer (ayant un syndrome de prédisposition aux cancers
par exemple).

Concernant les cancers digestifs, seul le cancer colorectal est soumis à un
programme national de dépistage : un test immunologique de dépistage de saignements occultes s’adressant à l’ensemble de la population âgée de 50 à 74 ans sans symptômes ni antécédents, est à réaliser tous les deux ans. Il consiste à prélever un échantillon de selles à domicile grâce à un kit contenant un écouvillon.

Pour les autres cancers digestifs, il n’existe à ce jour pas de recommandation particulière permettant de faire un diagnostic précoce, en dehors de situations génétiquement déterminées ou de l’existence de certaines pathologies chez le patient.

Pour en savoir plus : monkit.depistage-colorectal.fr

Les idées reçues sur les cancers

Les cancers sont souvent entourés de mythes et de fausses informations pouvant
compliquer la compréhension et la prise en charge. Avec l’aide des associations
de patients, les idées reçues les plus fréquentes sont présentées ci-dessous :

1. Les cancers digestifs toucheraient surtout les hommes.
Réalité : si certains sont légèrement plus fréquents chez les hommes, les femmes
sont aussi concernées. Le cancer colorectal touche les deux sexes et son incidence
augmente chez les femmes alors qu’elle diminue chez les hommes (incidence
en France en 2023 : 26 212 pour les hommes et 21 370 pour les femmes).

2. Le patient serait responsable de son cancer à cause de son alimentation
ou de son mode de vie.
Réalité : tabac, alcool, alimentation, sédentarité et surpoids augmentent les
risques, mais des facteurs génétiques, environnementaux ou des maladies chroniques
interviennent aussi. Une bonne hygiène de vie réduit le risque sans l’annuler,
et la responsabilité du patient n’est pas engagée.

3. Le sucre «nourrit» le cancer, il doit donc être éliminé pour « affamer » le cancer.
Réalité : Le glucose est le carburant principal de notre organisme. Bien que les
cellules cancéreuses consomment plus de glucose que les cellules saines, supprimer
le sucre de l’alimentation n’arrête pas la progression de la maladie. Des privations
alimentaires drastiques peuvent être néfastes pour le patient. Une alimentation
équilibrée reste essentielle pour maintenir la santé et l’énergie du patient
pendant le traitement.

4. Les symptômes sont clairs et faciles à identifier, d’où le retard du diagnostic lorsqu’ils sont discrets.
Réalité : les cancers digestifs sont généralement asymptomatiques aux stades
précoces, et les symptômes (douleur abdominale, perte de poids, nausée, fatigue)
sont souvent confondus avec d’autres problèmes digestifs. Les examens de dépistage
sont essentiels, même sans symptômes apparents.

5. La chimiothérapie est inutile pour les cancers digestifs avancés puisqu’elle n’assure pas la guérison.
Réalité : elle peut parfois guérir, mais quand ce n’est pas le cas, elle permet de
ralentir la maladie, réduire les symptômes et d’améliorer la qualité de vie, dans une
approche personnalisée. Elle peut également être utilisée pour conforter un traitement
chirurgical à visée curative (chimiothérapie adjuvante).

6. La chirurgie favoriserait la dissémination du cancer.
Réalité : les techniques chirurgicales actuelles sont sûres et ne propagent pas la
maladie. Elles permettent souvent une ablation complète de la tumeur.

7. Les rayons de la radiothérapie seraient “transmissibles”.
Réalité : le patient n’est pas radioactif après une séance de radiothérapie classique
et ne présente aucun risque pour l’entourage.

8. Le curcuma et le gingembre préviennent et guérissent le cancer grâce à
leurs propriétés inflammatoires et antioxydantes.
Réalité : aucune preuve clinique ne montre un effet curatif. Il peut accompagner
une alimentation équilibrée mais ne remplace pas les traitements. Aucune étude
n’a prouvé que la consommation d’un seul aliment pouvait protéger contre les
cancers digestifs. Cependant, une alimentation équilibrée, riche en fibres et en légumes, combinée à un mode de vie sain, peut réduire les risques.

9. Les comportements sexuels seraient une cause de cancers digestifs
comme la pratique de la sodomie et les cancers du côlon ou du rectum.
Réalité : aucun lien n’est établi entre pratiques sexuelles et cancers digestifs. Le
HPV (Virus du Papillome Humain, maladie sexuellement transmissible) est associé
à certains cancers (col de l’utérus, anus, ORL), mais pas aux cancers digestifs.

Ces idées reçues peuvent retarder le dépistage, nuire à la prévention et détourner des traitements efficaces. Une information fiable, basée sur les preuves scientifiques, ainsi que le dialogue avec les professionnels de santé, restent essentiels pour éviter les décisions inadaptées.

Que signifient rémission, guérison et récidive ?

Dans le suivi d’un cancer, plusieurs termes sont utilisés pour décrire l’évolution de
la maladie.

La phase de rémission signifie la diminution ou disparition des signes d’une maladie.
Dans le cas du cancer, on parle de rémission dès lors que toute trace du cancer
a disparu. Au bout d’un certain délai, la rémission devient guérison.

La guérison désigne la disparition des symptômes d’une maladie et le retour à une
bonne santé. Dans le cas du cancer, on parle de guérison dès lors que toute trace
de cancer a disparu après un certain temps. Dans les cas du cancer du foie, la
guérison du cancer ne doit pas faire oublier la maladie du foie sous-jacente, qui
nécessite une surveillance à vie.

La récidive est la réapparition de cellules cancéreuses, au même endroit ou dans
une autre région du corps. Une récidive peut survenir très tôt après la fin des traitements, mais aussi après une longue période de rémission. On parle aussi de rechute.

Les chances de guérison du patient dépendent du type et du stade de son cancer.
Le bilan d’extension permet de connaître le stade d’évolution du cancer et son
éventuelle propagation via une série d’examens. Si le patient a été opéré et que
le chirurgien a enlevé toute la tumeur, qu’il ait reçu ou non une chimiothérapie et/
ou une radiothérapie et/ou une immunothérapie avant ou après l’intervention, le
patient a alors des chances d’être guéri.

Les récidives sont malgré tout possibles et surviennent habituellement dans les 3
ans qui suivent le traitement. C’est pourquoi, le terme de « rémission complète » est
utilisé dans un premier temps lorsque les bilans de surveillance restent normaux.
C’est finalement le temps qui va définir la guérison : plus le temps passe avec
des bilans de surveillance normaux, plus la rémission complète est synonyme de
guérison.

La récidive, ou rechute, est dépistée lors des bilans de surveillance ou lors de la
survenue de symptômes. C’est une mauvaise nouvelle, difficile à vivre.

Cette récidive provient du fait, qu’au moment du diagnostic, et malgré un bilan initial
minutieux, des cellules tumorales existaient déjà en dehors de la zone opérée
ou de la zone traitée localement par radiothérapie ou destruction (ultrason, cryothérapie). Ainsi le traitement n’a pas été capable de les détruire intégralement. Il
existe des récidives locales (au sein de la zone initialement opérée) et des récidives
à distance (métastases). La récidive peut parfois encore être guérie. C’est
pourquoi les bilans de surveillance sont indispensables. Si, d’emblée, ou lors de la
récidive, les métastases persistent (elles restent présentes même après avoir diminué
de taille grâce aux traitements et sont inopérables), il est parfois impossible
d’éliminer complètement le cancer. Dans cette situation, il est question d’évaluer par imagerie la réponse tumorale aux traitements. La réponse est dite complète si
les métastases ne sont plus visibles et partielle si elles ont significativement diminué
en taille sur les imageries pratiquées.

La tumeur ou les métastases peuvent recommencer à progresser en cas de résistance
au traitement ou après une pause thérapeutique. Dans ce contexte, il ne s’agit pas d’une récidive, mais d’une progression, car la présence tumorale était déjà identifiée. Il est alors nécessaire de mettre en place un nouveau traitement, dit de seconde intention.

Enfin, il arrive que la maladie ne réponde plus aux traitements disponible. Dans certains cas, l’équipe médicale estime qu’un nouveau traitement risquerait d’apporter
plus d’inconvénients que de bénéfices. La prise en charge se poursuit alors sous
forme de soins de confort, visant à atténuer les symptômes.

La gestion émotionnelle de la maladie

Comment faire face aux difficultés émotionnelles liées au cancer ?

La réaction à l’annonce d’un cancer est propre à chacun. Le choc émotionnel est
important et les émotions peuvent varier au cours du parcours de soin : stress,
peur, irritabilité, culpabilité ou sentiment de vulnérabilité peuvent apparaître dès
l’annonce, pendant les traitements ou même après leur fin. La période de transition
après les traitements peut également être difficile, notamment lors de la reprise
du quotidien et de l’éloignement progressif des équipes soignantes. Ces réactions
sont normales et légitimes ; il est important de les reconnaître et, si besoin, d’en
parler.

Quelques solutions d’accompagnement

Les équipes médicales (médecins, infirmiers, psychologues, psycho-oncologues,
psychiatres, assistants sociaux) sont formées pour écouter et accompagner. Le
soutien des proches est également essentiel, en respectant le besoin d’espace
de chacun.

Les soins de support, proposés à l’hôpital, en centre spécialisé ou en ville, améliorent
la qualité de vie tout au long du parcours. Adaptés aux besoins physiques,
psychologiques et sociaux, ils peuvent inclure relaxation, méditation ou activités
de bien-être. Ils sont souvent pris en charge par l’Assurance maladie ou les complémentaires santé et peuvent être intégrés dans un programme personnalisé en
lien avec l’équipe soignante.

Les associations de patients permettent d’échanger avec des personnes
ayant vécu la maladie et d’obtenir conseils et soutien. Des groupes de parole existent aussi dans les centres de cancérologie.

Enfin, un accompagnement psychologique peut être proposé à tout moment. Les
associations et les équipes médicales peuvent orienter vers des professionnels
adaptés.

Parler de son cancer à ses proches : comment s’y prendre ?

Parler de la maladie à ses proches peut soulever de nombreuses questions, parfois
mêlées d’émotions complexes. Il n’existe pas de manière unique ou parfaite
d’aborder ce moment : chacun trouve ses mots, son rythme, selon sa relation aux
autres et ce qu’il ressent. Certains choisissent d’en parler rapidement, d’autres
préfèrent attendre ou partager progressivement. Les proches, même s’ils réagissent
différemment, cherchent souvent à soutenir du mieux qu’ils peuvent. Des
professionnels ou des associations peuvent aussi accompagner cette étape, en
proposant des repères ou simplement une écoute.

Il n’est pas toujours évident de trouver les mots justes, ni de savoir quel moment
est le plus approprié pour partager ce que l’on traverse. Certains choisissent de
parler avec beaucoup de détails, d’autres préfèrent rester dans une forme de simplicité.
Trouver ses propres mots et son propre moment peut contribuer à rendre
cette annonce plus juste et personnelle. L’annonce peut aussi être l’occasion
d’ouvrir un dialogue, de permettre aux proches d’exprimer leurs émotions, leurs
inquiétudes ou leur soutien. Ce moment, bien qu’intense, peut parfois renforcer
les liens, ou simplement poser les bases d’un accompagnement respectueux des
besoins de chacun.

Comment reprendre le cours de sa vie après le traitement de la maladie, quand on est en rémission ?

L’expérience du cancer est souvent traumatisante et peut laisser des séquelles
psychologiques, même après la fin des traitements. Une fois le parcours de soin
terminé, une période de transition et de réajustement s’impose naturellement.

L’après-cancer constitue une étape à part entière du processus de guérison. Pour
certaines personnes, elle représente aussi une opportunité de transformation :
beaucoup décrivent ce moment comme une phase de réévaluation de leur vie, de
changement de priorités, et parfois de croissance personnelle. Cela peut conduire
à une meilleure écoute de soi, à une nouvelle relation au temps, et à une vie plus
alignée avec ses valeurs profondes.

Il est tout à fait normal de ressentir, après les traitements, des émotions complexes
comme l’angoisse liée à la peur de la récidive, le sentiment d’avoir perdu une part
de son identité, l’inquiétude face à l’avenir, ou encore un certain
décalage par rapport à son entourage.

Les patients peuvent se sentir aussi isolés. Bien que certains établissements de
santé commencent à intégrer l’accompagnement post-traitement, de nombreux
besoins restent encore à combler pour permettre une réintégration sereine dans
la vie quotidienne.

La gestion émotionnelle après un cancer repose souvent sur un accompagnement
adapté : groupes de parole, psychothérapie, ou encore thérapies corporelles
comme le yoga ou la sophrologie.

Conseil patient :
Il est recommandé de se faire accompagner et de solliciter des professionnels de
santé, notamment le médecin généraliste, qui peut orienter et conseiller. Grâce à
un financement de l’ARS (Agence Régionale de Santé), vous pouvez bénéficier
d’un parcours d’accompagnement individualisé, sur prescription médicale, sous
la forme d’un forfait de 180 € sans avance de frais, pour réaliser de 3 types de
soins de support, au plus près de votre domicile : un bilan d’Activité Physique
Adaptée (APA), un bilan et des consultations de suivi diététique, un bilan et des
consultations de suivi psychologique.

L’impact du cancer sur sa vie quotidienne et intime

Comment bien s’alimenter pendant la maladie ?

Les recommandations alimentaires dépendent du type de cancer, des traitements
et de leurs effets. Le maintien d’un bon état nutritionnel avant, pendant et après
les traitements est essentiel pour limiter les complications, améliorer la tolérance
aux soins et favoriser la cicatrisation. Un suivi par un diététicien ou un médecin
nutritionniste est recommandé, avec un contrôle régulier du poids et de bilans
sanguins pour adapter la prise en charge.

Plusieurs facteurs peuvent altérer l’état nutritionnel : augmentation des dépenses
énergétiques liée aux cytokines produites par la tumeur, baisse de l’appétit, troubles
digestifs (diarrhée, vomissement, mauvaise assimilation), diabète ou effets secondaires
des traitements, pouvant entraîner une perte de poids significative.

Pour améliorer l’état nutritionnel, en cas de manque d’appétit, plusieurs mesures
sont proposées : privilégier des repas fractionnés (5 à 6 par jour), équilibrés et adaptés
aux goûts du patient, avec l’aide d’un diététicien pour composer les menus.

Il est conseillé de consommer suffisamment de fruits et légumes (au moins 5 par jour), de favoriser des aliments riches en énergie (éviter les produits allégés), ainsi que les poissons gras (saumon, maquereau, harengs, sardines…) et les oméga-3. Il est également recommandé d’éviter les restrictions de principes (hormis les cas particuliers comme le diabète), de saler et sucrer suffisamment.

En cas de diarrhée, il est recommandé d’éviter les aliments qui peuvent l’aggraver
(légumes et certains fruits). Un régime antidiarrhéique peut être nécessaire : une
consultation auprès d’un gastroentérologue peut aider à contrôler ces problèmes
digestifs.

Si une constipation survient, elle doit être activement traitée. En parallèle il est recommandé de consommer des aliments riches en fibres alimentaires et de privilégier
les légumes verts et les fruits frais.

En cas de nausées ou de vomissements, il faut consulter un médecin pour en déterminer la cause et les traiter convenablement. Par exemple, dans les 24-48h après
une chimiothérapie, si des nausées surviennent, il faut favoriser l’absorption de fruits
et aliments frais, et éviter temporairement les plats en sauce ou très épicés.

La diminution du goût, secondaire à la chimiothérapie, peut être améliorée par la
prise de cures de zinc (à discuter avec le médecin). L’utilisation de couverts en
plastique peut permettre de diminuer la sensation de goût métallique dans la
bouche, causée par certains traitements.

Parfois, les médecins et le diététicien pourront proposer des compléments nutritionnels par voie orale, par sonde ou en perfusion (solutés de nutrition artificielle).

Comment gérer les troubles digestifs ?

Des troubles du transit peuvent se présenter durant le parcours de soin. Si la
chimiothérapie perturbe le transit (des cas de diarrhées graves sont possibles)
pendant la période d’administration des médicaments, elle ne laisse cependant
pas de séquelles digestives sur le long terme. La radiothérapie peut aussi perturber
le transit avec un faible risque de séquelles.

La diarrhée
La diarrhée est caractérisée par des selles liquides, pâteuses ou par une augmentation
de leur fréquence (deux à quatre fois plus souvent que d’habitude). Elle peut
s’accompagner ou non de douleurs dans l’abdomen (coliques) ou dans le rectum
(ténesme).

La cause est variable selon la situation dans laquelle se trouve le patient :

  • Au diagnostic : elle peut être un symptôme initial à l’origine du diagnostic du cancer digestif ;
  • Après un traitement chirurgical : en cas de résection d’un segment digestif (ablation), une accélération du transit est possible ;
  • En cours de traitement par chimiothérapie et/ou thérapie ciblée : la toxicité directe de ces médicaments peut être responsable d’une diminution des capacités d’absorption de l’intestin ainsi que d’une augmentation de la sécrétion des fluides, d’où l’apparition de diarrhée. Parfois elle est tardive, comme avec l’Irinotecan (molécule de chimiothérapie), et apparait plus de 24 h après, à distance de l’administration du médicament ;
  • En cours ou à distance de la radiothérapie : ce traitement peut également donner
    une diarrhée par inflammation de la muqueuse digestive ou dans le territoire de la zone irradiée. Si c’est le rectum qui est irradié, une inflammation du rectum – rectite radique, peut se produire et entraîner des saignements lors de l’évacuation des selles. Des médicaments (corticoïdes locaux) peuvent être alors prescrits ;
  • Autres causes : liées à un médicament non administré dans le cadre du traitement contre le cancer, à une infection, à une anomalie métabolique…

Les conséquences de la diarrhée : une déshydratation liée à la perte d’eau et de
sels minéraux, une dénutrition ou une perte de poids. Il est donc recommandé de
boire chaque jour entre 1,5 et 2 litres d’eau pour compenser ces pertes. Durant
les épisodes de diarrhée, une alimentation pauvre en fibres est à privilégier (ex. :
riz, pâtes, pommes de terre vapeur, carottes, fruits cuits, fromages à pâte cuite,
biscottes, etc.).

Un traitement antidiarrhéique peut être prescrit afin de la limiter.

En revanche, si la diarrhée persiste, si elle est associée à de la fièvre ou s’il y a une perte de poids, il est important de contacter l’équipe médicale qui prend en charge le patient.

La constipation
La constipation est plus rare mais peut être liée :

  • Au cancer digestif lui-même, par blocage, ce qui va entraîner un ralentissement
    du transit ;
  • À des traitements dits « associés », c’est-à-dire des médicaments prescrits
    pour soulager les effets indésirables des traitements anticancéreux, comme les
    anti-émétiques contre les nausées (sétron), les antalgiques contre la douleur
    (codeine, morphine), ou encore certains traitements contre l’anxiété ou la dépression ;
  • La baisse de l’activité physique durant la période de traitement ;
  • Une alimentation inadaptée : pauvre en céréales complètes ou légumineuses ;
  • Un faible apport calorique ;
  • Une maladie autre, concomitante : diabète, hypothyroïdie, maladie de Parkinson.

Une bonne hydratation est essentielle. Il est également recommandé d’avoir une alimentation riche en fibres : fruits, légumes, céréales, légumineuses et pain complet à chaque repas. Ces conseils s’appliquent uniquement en l’absence de blocage lié à la masse tumorale.

Enfin, une activité physique adaptée et régulière, comme la marche, est fortement
conseillée.

Comprendre et soulager les douleurs

La douleur est un symptôme fréquent au cours d’un cancer. Elle peut être liée à
la maladie, aux traitements, à certains gestes médicaux ou à des effets secondaires
parfois durables. Dans de rares cas, certaines douleurs peuvent persister
plusieurs années.

Elles peuvent être aiguës ou chroniques, continues ou par crises, et d’intensité
variable. Elles peuvent altérer le sommeil, le moral, la mobilité et la qualité de vie. Par
crainte de déranger, certains patients n’osent pas les signaler, alors que leur prise
en charge fait partie intégrante du traitement.

La douleur est traitée par différents moyens : antalgiques (paracétamol, anti-inflammatoires, opioïdes), traitements spécifiques des douleurs neuropathiques
(antidépresseurs, antiépileptiques), ainsi que des approches complémentaires
comme l’hypnose, la relaxation, la méditation ou l’acupuncture. Des spécialistes
de la douleur (algologues) et des structures dédiées peuvent être sollicités, notamment
en cas de douleurs chroniques.

L’Education Thérapeutique du Patient (ETP) aide à mieux comprendre la maladie
et à développer des compétences pour gérer la douleur au quotidien. Des ateliers
sont proposés dans les hôpitaux et par des associations de patients.

Les structures Spécialisées Douleur Chronique (SDC)
Une douleur est dite chronique lorsqu’elle persiste ou revient régulièrement pendant
plus de 6 mois, qu’elle résiste aux traitements et altère la vie quotidienne. Sa
prise en charge peut nécessiter une approche pluridisciplinaire, assurée par des
structures spécialisées, hébergées en établissement de santé et labellisées par
les Agences Régionales de Santé (ARS).

Pour accéder à l’annuaire des SDC : https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/douleur/article/ les-structures-specialisees-douleur-chronique-sdc

L’institut ANALGESIA
La Fondation Institut ANALGESIA soutient la recherche sur la douleur et propose,
via l’application APAISIA, des outils d’accompagnement, d’éducation et de soutien
communautaire pour les patients.

Plus d’informations sur : institut-analgesia.org

Conseil patient : 

Il est recommandé de tenir un carnet de douleurs (fréquence, intensité, déclencheurs)
afin de faciliter leur évaluation et leur prise en charge. Une douleur mieux
décrite et signalée précocement est plus facilement soulagée.

Il est également possible de demander à intégrer un spécialiste de la douleur dans
son parcours ou bien de prendre contact avec des structures pouvant aider.

Comment gérer la fatigue ?

La fatigue est un symptôme fréquent tout au long du parcours de soin. Elle peut
persister après les traitements et mérite d’être reconnue et prise en compte.

De nombreux facteurs peuvent perturber le sommeil et provoquer de la fatigue
: douleur, effet secondaire de certains médicaments, charge mentale ou encore
anxiété. À cela s’ajoute la complexité du parcours de soin, souvent long et éprouvant.
Le choc du diagnostic, les traitements successifs (chirurgie, chimiothérapie,
radiothérapie), les examens médicaux répétés, les allers-retours à l’hôpital, les
éventuelles récidives, ainsi que les démarches administratives, y compris avec
l’employeur, peuvent causer une fatigue physique et psychique importante.

En cas de fatigue, il est important d’adapter ses activités aux capacités du moment.
Le repos devient alors une priorité, et il peut être utile de mettre temporairement
de côté les tâches les plus exigeantes. Dans certains cas, un arrêt de travail
peut s’avérer nécessaire. Toute mesure visant à limiter les effets secondaires
comme la fatigue est bénéfique.

Un accompagnement pour certaines tâches du quotidien comme les courses,
le ménage ou le courrier peut soulager significativement. Si l’entourage n’est pas
disponible, une assistante sociale du service de soins ou de la commune peut
accompagner le patient. Certains soins de support peuvent également contribuer
à mieux gérer la fatigue : Activité Physique Adaptée (APA), accompagnement nutritionnel, soutien psychologique, social ou professionnel. Si le patient souhaite
recourir à des thérapies complémentaires (médecines non conventionnelles), il
ne doit pas hésiter à en parler d’abord à son équipe soignante et à son médecin
traitant.

Après les traitements, la fatigue peut persister, car ils affectent l’organisme à des degrés variables, parfois sur le long terme. Dans ce cas, il est essentiel d’être à l’écoute de son corps et d’adapter ses activités en fonction de ses capacités.

Comment reprendre soin de son image et de son estime de soi ?

Les traitements peuvent modifier l’image que le patient a de son corps. Cela peut
être lié à des cicatrices, à la perte de cheveux causée par certaines chimiothérapies,
ou encore aux effets de certaines chirurgies comme une stomie, une ablation
de l’anus ou une incontinence. Ces changements peuvent affecter l’estime de soi
et générer un sentiment de honte.

Des soins de support, tels que l’accompagnement psychologique, la socioesthétique
ou encore l’Activité Physique Adaptée, peuvent aider les patients à mieux
vivre les transformations physiques et émotionnelles liées à la maladie
et aux traitements, et à retrouver une relation plus apaisée avec leur corps.

L’accompagnement psychologique est souvent pris en charge, au moins partiellement, dans le cadre du parcours de soin.

D’autres soins de support, comme la socio-esthétique (soin de la peau, conseil
capillaire, maquillage correcteur) ou certaines pratiques de bien-être, sont proposés
dans de nombreux établissements ou associations, mais leur remboursement
dépend des structures et des dispositifs locaux. Ces soins, même lorsqu’ils ne
sont pas systématiquement remboursés, jouent un rôle important dans la qualité
de vie et le mieux-être des patients.

Quelle place pour la vie intime et sexuelle ?

Le cancer et ses traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, stomies)
peuvent impacter la vie intime et sexuelle. La fatigue, la douleur, le stress, l’anxiété
ou la baisse de l’estime de soi peuvent entraîner une diminution du désir, des difficultés sexuelles ou des douleurs lors des rapports. Ces troubles sont fréquents et
peuvent évoluer au cours du parcours de soin.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé sexuelle fait partie intégrante
de la santé globale. La préservation de la sexualité est d’ailleurs incluse dans les
soins de support recommandés par l’INCa. Cependant, ce sujet est parfois peu
abordé en consultation, et la gêne des patients comme des soignants peut limiter
le dialogue.

Il est pourtant important d’en parler dans un cadre bienveillant. Des professionnels spécialisés (sexologues, psychologues, gynécologues, urologues) peuvent accompagner les patients en cas de difficultés ou de douleurs.

La vie intime ne se limite pas à la sexualité : la tendresse, la communication et
les gestes d’affection restent essentiels et peuvent prendre une place particulière
pendant la maladie. La sexualité peut évoluer, nécessiter des adaptations, mais
reste possible dans de nombreuses situations.

Conseil patient : 

Le patient ne doit pas hésiter à aborder le sujet avec le médecin ou
l’infirmier de coordination qui pourra l’orienter vers des professionnels spécialisés,
sur place ou en dehors de l’hôpital. Il peut également trouver des informations
et des partages d’expériences utiles auprès des associations de patients.

Pour aller plus loin :

Webconférence « Cancer, vie intime et sexuelle : et si on en parlait vraiment », un
programme proposé par l’association Patients en réseau et Dis-Moi Santé, disponible
sur : https://www.youtube.com/@patientsenreseau5238

Préservation de la santé sexuelle et cancers, INCa : https://www.cancer.fr/catalogue-
des-publications/fiche-preservation-de-la-santesexuelle-et-cancers

Sexualité et cancer, La ligue contre le cancer : https://www.ligue-cancer.net/
sites/default/files/brochures/sexualite-cancer_2021-10-.pdf

Le SexoBlogue, blog de deux sexologues : https://sexoblogue.fr

Cancer et sexualité, Centre Leon Berard : https://www.centreleonberard.fr/patientproche/vous-accompagner/cancer-et-sexualite

Sexualité et cancer (information destinée aux femmes), La ligue contre le cancer :
https://www.ligue-cancer.net/sites/default/files/brochures/sexualite-cancer-femme_2016-03-.pdf

Comment bouger malgré la maladie : cancers digestifs et activité physique

Dans les cancers digestifs, la perte de condition physique est fréquente. Elle peut
commencer dès le diagnostic et s’aggraver au cours des traitements. Ce phénomène,
appelé déconditionnement physique, a des conséquences sur la fatigue,
l’autonomie et la qualité de vie. C’est pourquoi l’Activité Physique Adaptée (APA)
fait aujourd’hui partie intégrante de la prise en charge.

L’APA est reconnue en France comme un soin de support. Elle correspond à une
activité physique sécurisée, encadrée et personnalisée, pratiquée en complément
des traitements. Son objectif n’est pas la performance, mais le maintien ou
l’amélioration des capacités physiques, en fonction de l’état de santé et du parcours
de soin.

Ses bénéfices sont désormais bien établis. L’APA permet de réduire la fatigue liée
au cancer, parfois jusqu’à environ 30 %, d’améliorer la tolérance aux traitements et
la récupération après chirurgie. Elle contribue aussi à améliorer le moral, à diminuer
l’anxiété, et à préserver la masse musculaire, la mobilité et l’autonomie. Dans certains
cancers, comme le cancer colorectal, une activité physique régulière peut
également contribuer à réduire le risque de récidive et de mortalité.

Pour être efficace et sans danger, l’APA doit être supervisée par des professionnels
formés, comme des éducateurs en Activité Physique Adaptée ou des kinésithérapeutes.
Elle débute par un bilan initial permettant d’évaluer le niveau d’activité
habituel, les capacités physiques, les effets des traitements, ainsi que les
préférences et motivations de la personne.

L’objectif est de lutter contre le déconditionnement physique et d’accompagner le patient à chaque étape de sa prise en charge, à la manière d’une préparation progressive avant un effort important. Les activités proposées sont adaptées et évolutives : marche, vélo, gymnastique douce, renforcement musculaire léger, yoga ou activités aquatiques. La régularité et l’adaptation priment sur l’intensité.

L’APA peut être proposée à domicile, dans des structures spécialisées, dans certains
établissements de soins ou en lien avec les Maisons Sport-Santé, qui assurent
un accompagnement personnalisé en coordination avec les professionnels
de santé.

L’Activité Physique Adaptée (APA) s’inscrit ainsi comme un pilier essentiel des soins
de support dans les cancers digestifs, contribuant à préserver la qualité de vie,
l’autonomie et le bien-être tout au long de la maladie.

Conseil patient : 
Se renseigner auprès de son établissement de santé ou d’une Maison
Sport-Santé locale pour connaître les options disponibles et les modalités de
prise en charge.

Les thérapies complémentaires

Quelles sont les thérapies complémentaires ?

Les thérapies complémentaires regroupent l’ensemble des médecines et techniques
n’appartenant pas à la médecine dite « conventionnelle », basée sur des
données scientifiques validées.

Elles comprennent une variété de pratiques comme l’acupuncture, la réflexologie,
l’hypnose, l’art thérapie, ou encore l’usage de plantes médicinales ou des régimes
spécifiques. Certaines, comme la méditation ou l’art-thérapie, sont sans danger et
peuvent améliorer le bien-être des patients. Elles sont parfois intégrées aux soins
de support proposés par les centres de santé.

D’autres, telles que le jeûne ou la prise de compléments alimentaires à base de
plantes, peuvent fragiliser le patient, interagir négativement avec des traitements
conventionnels, ou provoquer des effets secondaires importants. Par ailleurs, les
effets indésirables de ces pratiques ne sont pas systématiquement suivis ni signalés
comme le sont ceux des médicaments.

1. Thérapies complémentaires reconnues et proposées par l’INCa

  • Activité Physique Adaptée (APA) : levier thérapeutique reconnu, elle intègre
    des exercices physiques au parcours de soin, de manière encadrée et personnalisée.
  • Diététique et nutrition : la maladie et les traitements pouvant altérer la digestion et l’absorption des nutriments, un suivi nutritionnel adapté est essentiel pour préserver les forces et mieux tolérer les traitements.
  • Psychothérapie et gestion du stress : la Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC), la pleine conscience ou l’hypnothérapie peuvent améliorer l’humeur, réduire l’anxiété et renforcer la résilience. De nombreuses études montrent qu’une prise en charge psychologique améliore l’adhésion au traitement et la qualité de vie.

2. Thérapies complémentaires non conventionnelles et non reconnues par
l’INCa

  • L’acupuncture : son efficacité sur les neuropathies induites par l’oxaliplatine
    chez des patients atteints de cancers digestifs fait actuellement l’objet d’une
    étude scientifique (Acupox). L’acupuncture est déjà intégrée dans des services
    Transversaux (services qui interviennent auprès de plusieurs services ou spécialités pour apporter un soutien commun (par ex. : radiologie, pharmacie, hygiène, psychologie) de certains hôpitaux. Par ailleurs, de plus en plus de médecins généralistes se forment à l’acupuncture.
  • L’art-thérapie et la musicothérapie : c’est une pratique d’accompagnement qui permet de déclencher chez le patient un processus créatif, afin qu’il se décentre peu à peu de sa maladie. Dans le cadre de la musicothérapie, les sons aident le patient à atteindre un état de relaxation profonde, lui permettant de relâcher les tensions physiques et psychiques, voire de diminuer ses symptômes.
  • La sophrologie : c’est une méthode d’harmonisation du corps et de l’esprit aux
    techniques simples et facilement reproductibles, s’appuyant sur la respiration,
    des mouvements et l’attention aux sensations corporelles. Elle peut aider les
    patients atteints de cancer à mieux gérer l’anxiété, les nausées, la fatigue, l’insomnie ou les perturbations liées à l’image du corps. L’Institut Curie à Paris a intégré depuis plusieurs années ces soins de supports aux parcours des patients
    de l’hôpital de jour d’oncologie médicale.

Parmi les soins oncologiques de support, on trouve aussi les soins psychosocio-esthétiques, prodigués par un praticien qualifié sur les personnes fragilisées
par la maladie et les traitements. Ces soins de support améliorent l’expérience à
l’hôpital et favorisent donc le mieux-être du patient.

L’équipe médicale peut orienter le patient vers des professionnels du centre de
soins ou avec lesquels ils travaillent, pour aider à mieux supporter les traitements
en cours ou leurs séquelles.

L’avis du pharmacien : qu’est-ce que la conciliation médicamenteuse ?

La conciliation médicamenteuse est un processus formalisé qui prend en compte,
lors d’une nouvelle prescription, tous les médicaments pris et à prendre par le patient.
Elle associe le patient et repose sur le partage d’informations et sur une coordination
pluri-professionnelle. Le recours aux thérapies complémentaires, après
l’annonce d’un cancer ou durant le traitement, est de plus en plus fréquent. Ces
thérapies doivent venir en complément des traitements médicamenteux prescrits
par l’oncologue mais ne doivent pas s’y substituer.

En cas de volonté de recours à des thérapies complémentaires, il faut prévenir l’oncologue qui se mettra en relation avec un pharmacien afin d’évaluer la compatibilité avec le traitement. L’oncologue donnera son feu vert ou en déconseillera l’usage selon l’avis du pharmacien.

L’oncologue doit être informé du recours à ces thérapies afin d’évaluer leur compatibilité avec le traitement du cancer. Leur usage sans l’accord de l’oncologue
comporte des risques. Certains compléments alimentaires à base de plantes (gui,
millepertuis, curcuma, etc.) peuvent réduire l’efficacité des traitements ou augmenter
leurs effets secondaires.

Guide

Auteurs

Pr Yann Parc
Chirurgien spécialisé en chirurgie générale et digestive, chef du service de Chirurgie Générale et Digestive à l'hôpital Saint-Antoine depuis 2015. De nombreuses distinctions académiques. Mène des recherches sur le cancer colorectal. Auteur de plus de 230 publications scientifiques.
Pr Yann Parc
Chirurgien spécialisé en chirurgie générale et digestive, chef du service de Chirurgie Générale et Digestive à l'hôpital Saint-Antoine depuis 2015. De nombreuses distinctions académiques. Mène des recherches sur le cancer colorectal. Auteur de plus de 230 publications scientifiques.
Pr Thierry André
Spécialiste en oncologie médicale et chef du service d'oncologie médicale à l'hôpital Saint-Antoine. Reconnu pour son expertise dans les cancers digestifs et de l'ovaire. Président de la Fondation ARCAD. Mène des recherches sur les cancers digestifs.


Pr Thierry André
Spécialiste en oncologie médicale et chef du service d'oncologie médicale à l'hôpital Saint-Antoine. Reconnu pour son expertise dans les cancers digestifs et de l'ovaire. Président de la Fondation ARCAD. Mène des recherches sur les cancers digestifs.


Pr Florence Huguet
Professeur des universités-praticien hospitalier d’Oncologie Radiothérapie (Sorbonne Université). Exerce à l’hôpital Tenon (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris). Chef de service d’Oncologie Radiothérapie. Se concentre sur les cancers digestifs et ORL.
Pr Florence Huguet
Professeur des universités-praticien hospitalier d’Oncologie Radiothérapie (Sorbonne Université). Exerce à l’hôpital Tenon (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris). Chef de service d’Oncologie Radiothérapie. Se concentre sur les cancers digestifs et ORL.
Pr Julien Taieb
Professeur des universités-praticien hospitalier d’Hépato-Gastro-Entérologie (Université Paris V) ; spécialisé dans la prise en charge des cancers digestifs, chef du service d’oncologie digestive de l’hôpital Européen Georges Pompidou (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris).
Pr Julien Taieb
Professeur des universités-praticien hospitalier d’Hépato-Gastro-Entérologie (Université Paris V) ; spécialisé dans la prise en charge des cancers digestifs, chef du service d’oncologie digestive de l’hôpital Européen Georges Pompidou (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris).

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